Saint-Denis

La revue de presse

Cette semaine, le quotidien économique Les Echos s’intéresse au programme immobilier des Lumières Pleyel, piloté par Sogelym Dixence.
Selon le journal, la ZAC Pleyel, sur 15 hectares, va être créé dans les jours qui viennent et son aménageur « désigné dans la foulée ». Et on lit :

« Pour permettre aux habitants de Saint-Denis d’avoir accès au quartier, avec des prix maîtrisés et des logements accessibles, une partie seront vendus en « propriété à vie », un concept proposé par le groupe La Française. Entre location classique et pleine propriété, il permet à un ménage d’acheter, pour 30 à 40 % moins cher, un droit d’usage du logement auprès d’une société foncière pour une durée de 50 ans. »

Des membres de notre collectif ont déjà alerté les élus sur ce nouveau produit qu’ils considèrent comme une escroquerie. En donnant à des ménages modestes l’illusion d’accéder à la propriété, une société de gestion de portefeuilles d’investisseurs va pouvoir « vendre » (en fait louer à vie) le même bien plusieurs fois. Sous couvert d’une mesure sociale, on autorise un fond d’investissement à faire de la spéculation. C’est vraiment prendre les Dyonisiens pour des imbéciles.
Car en effet, la principale motivation d’un acquéreur est de se constituer un patrimoine immobilier, sur lequel il pourra compter et qu’il pourra éventuellement transmettre. Or, en étant « propriétaire à vie », vous achèteriez simplement un « droit d’usage du logement » pour 50 ans. La société foncière resterait pleine propriétaire du logement, du terrain et de sa valeur. Vous pourrez transmettre votre argent, si vous en avez, mais votre bien, n’y comptez pas !
L’idée ne serait pas si mauvaise si :

  • le propriétaire du terrain restait la commune ou dans le domaine public (par exemple Plaine Commune Habitat) ;
  • l’on parlait d’une « location longue durée » et pas de « propriété à vie » afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté pour l’investisseur (on ne peut d’ailleurs pas parler d’acheteur) ;
  • la sous-location de ces biens était interdite ;
  • si le prix était 60 % moins cher que les prix du marché, pour réellement toucher un public en incapacité d’acheter sur le marché classique ;
  • si on soumettait l’acquisition de ses biens à des conditions de revenus, comme pour le logement social.

En l’état, le dispositif permet la sous-location et donc, attirera les spéculations immobilières, déjà largement problématiques à Saint-Denis, avec les marchands de sommeil.
Plafonner le prix d’achat sans plafonner le prix des locations revient à continuer de faire du parc immobilier de Saint-Denis une machine à cash pour les bailleurs les moins scrupuleux.

 

Le Parisien, et beaucoup d’autres journaux, ont rendu compte des résultats de l’étude réalisée par l’association Respire sur la pollution de l’air près des établissements scolaires de la région Ile-de-France.

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A partir des données Airparif, l’étude conclut que 85 % des établissements vivent dans un air plus pollué que le seuil recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Quand on sait que les capteurs d’Airparif ne sont pas toujours situés au meilleur endroit pour faire des relevés, ces chiffres semblent encore plus alarmants.
Pour le quotidien parisien, une solution pourrait résider dans la Zone à Faibles Emissions (ZFE), déjà en place à Paris. Dans cette zone, les véhicules les plus polluants ne peuvent circuler sur certaines plages horaires.
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Saint-Denis, et les communes « situées dans tout ou partie du périmètre de l’A86 », seront englobés à partir de juillet prochain pour les véhicules de catégorie Crit’Air 5 et 4. L’extension à la petite couronne a été votée par la Métropole du Grand Paris (MGP) en 2018. On lit :

« Selon Respire, […] elle serait « la mesure la plus efficace pour diminuer l’exposition à la pollution de l’air à l’intérieur de l’A86.

Aujourd’hui en cours de consultation dans les 79 villes concernées sur les 131 que compte la Métropole, elle devrait se traduire par une restriction de circulation pour les véhicules les plus polluants au sein du périmètre de l’A 86. Mais son application prévue dès juillet pourrait être retardée ou se faire par étapes…

L’autre mesure préconisée par Respire : la création de « voies vertes » réservées au covoiturage, aux transports en commun et aux véhicules propres, sur les autoroutes urbaines régionales (périphérique, A 1, A 3, A 6…). « De nombreuses études montrent que ce genre de mesures encourage le covoiturage et les transports moins polluants », assure l’association. »

Du bon sens assurément !
Pleyel à venir fait une proposition moins discriminante : que tous les véhicules puissent rouler, mais en limitant leur vitesse à 70 km/h sur l’A86 et l’A1, qui traversent Saint-Denis. Cette mesure peut être appliquée immédiatement et à un coût modique (pour le remplacement des panneaux et la légère reconfiguration des voies).

Une proposition plus ambitieuse serait de couvrir l’A86 en photovoltaïque. Cela permettrait à Saint-Denis de suivre les recommandations européennes de conversion énergétique et de suppression des nuisances sonores et de l’air. L’Union européenne pourrait même aider à le financer via le Plan Horizon 2020 (et ceux qui suivront).  L’exploitation du parc photovoltaïque pourrait rapporter 2,7 millions d’euros par an grâce à la vente de l’électricité produite.

L’enfouissement de l’A1, portée par des associations du territoire depuis 20 ans, pourra supprimer les sources de pollution atmosphérique et rendrait 30 hectares de terrain exploitable à la commune.

Alors que, sans surprise, l’étude corrèle le niveau d’exposition à la pollution à la distance à un axe routier important, la Direction des Routes d’Ile-de-France (Dirif) a pour projet d’ouvrir une bretelle de sortie de l’autoroute A86 tout près du groupe scolaire Anatole France. Chaque jour, 700 enfants et 60 membres du personnel fréquentent cette école. Nous nous opposons à ce projet et sommes actuellement en train de travailler sur une contre-proposition, respectueuse des habitants et des enfants de notre quartier.

Cette contre-proposition se résume par l’éloignement des voitures, la création de 4 hectares de parc et une dizaine de kilomètres de piste cyclable sur le quartier.

 

 

Enfin, le collectif Pleyel à venir vous recommande l’écoute de l’excellente émission documentaire de France Culture « LSD, la série documentaire » consacré au « Grand Paris ». En quatre épisodes, comme à son habitude, l’émission saisit les enjeux cruciaux de ce projet :

Bonne lecture et bonne écoute !

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